Après la maternité, avant les foyers, usines, bureaux, commissariats, armées,
hôpitaux, cimetières, maisons de retraite, prisons, H.P ... l'école c'est l'enfermement.
En tant qu'enfant, l'élève, petit citoyen, n'est pas "libre". Ca n'existe pas évidemment
la liberté (même pas dans la tête on est d'accord) mais en tout cas, là, c'est de
limitation de mouvements (entre autres) dont il s'agit.
Tous les matins, une fois passée la porte, tu es détenu, pour la journée sous la
responsabilité de l'administration scolaire.
L'école apprend la peur. A la matérialiser en soi.
Peur de sortir du moule, désobéir.
Peur de se faire punir, de décevoir les référents (profs et parents).
Peur, une fois intégrée, indélébile, inscrite pour toujours au fond de chacun de nous.
Peur du flic, de voler, de désobéir, de franchir les limites établies.
Peur comme emprise.
Peur puis tout accepter car désarmé, désamorcé.
Tu trouves normal de répondre à l'appel en début de chaque cours, d'être
constamment surveillé-e, de ne pas être sensé-e circuler à tel endroit à tel moment,
d'avoir obligatoirement sur toi ce carnet de liaison.
Tu te retrouves à faire la liaison entre deux pôles d'autorité, l'administration scolaire
et la famille.
T'es contraint-e d'informer ta famille des conneries que t'as pu faire la veille et des
sanctions dont t'as hérité.
On te met dans la situation de t'autodénoncer...
L'intérêt dans le fait de constamment sensé-e être surveillé-e, c'est de tenter, dès que
possible de déjouer cette surveillance, d'agir de façon déviante, en toute occasion.
Et de s'en griser à s'en rendre dépendant.
Foutre la merde pour son salut.
10, 15, 20, 25 ans à se faire arnaquer. Ça plus tout le reste.
PARCE QUE CA COMMENCE A L'ECOLE,
COMMENCE PAR CRAMMER TON ECOLE.
(dépêche, y' en aura pas pour tout le monde)